États dépressifs

La dépression n’est pas une tristesse un peu longue, et elle ne se lève pas par un effort de volonté. C’est un état qui touche l’humeur, l’énergie, le sommeil, la pensée et le rapport aux autres, et qui s’entretient de lui-même.

S’il vous faut déjà beaucoup d’énergie pour lire cette page, c’est précisément le genre de moment où un accompagnement a du sens.

Ce dont il s’agit

Un épisode dépressif se reconnaît à la durée et au retentissement plus qu’à l’intensité de la tristesse. On parle d’état dépressif lorsque, pendant plusieurs semaines et presque tous les jours, l’humeur reste basse ou que l’intérêt et le plaisir se sont retirés de choses qui comptaient, avec des conséquences nettes sur le quotidien.

S’y ajoutent souvent une fatigue qui ne cède pas au repos, des troubles du sommeil — insomnie de fin de nuit ou au contraire besoin de dormir en permanence —, des variations d’appétit, des difficultés de concentration et de décision, un ralentissement général, et une dévalorisation de soi qui paraît relever de l’évidence plutôt que du symptôme. C’est un point important : la dépression modifie la manière de se percevoir et de percevoir son avenir, si bien que les pensées noires paraissent lucides et non malades.

Le retrait est une conséquence fréquente et un mécanisme central. Comme plus rien ne procure de plaisir, on cesse peu à peu de faire les choses ; comme on ne les fait plus, les occasions d’éprouver quoi que ce soit disparaissent, ce qui renforce l’état. La dépression ne se traverse pas en attendant que l’envie revienne, parce que l’envie est justement ce qui manque.

Les formes varient. Un épisode peut faire suite à un événement identifiable — un deuil, une séparation, une perte d’emploi — ou survenir sans déclencheur apparent, ce qui ne le rend ni moins réel ni moins légitime. Il peut être unique ou se répéter. Il peut aussi se manifester surtout par de l’irritabilité, des douleurs physiques ou une consommation d’alcool en hausse, en particulier lorsque exprimer un mal-être n’a pas été quelque chose d’autorisé.

Les signes qui amènent à consulter

Ces manifestations sont fréquemment décrites lorsqu’un état dépressif s’installe.

  • Une humeur basse presque tous les jours depuis plusieurs semaines

  • La disparition du plaisir et de l’intérêt pour ce qui comptait auparavant

  • Une fatigue permanente, sans rapport avec l’effort fourni

  • Un sommeil perturbé : réveils très matinaux, nuits hachées, ou besoin de dormir sans cesse

  • Des difficultés de concentration, de mémoire, ou l’impossibilité de prendre la moindre décision

  • Un sentiment de culpabilité ou d’inutilité qui semble aller de soi

  • Un retrait progressif : ne plus répondre, annuler, ne plus sortir

  • Des idées noires, ou la pensée que les autres seraient mieux sans vous

Si des idées suicidaires sont présentes, il ne faut pas attendre un rendez-vous : le 3114, numéro national de prévention du suicide, est joignable gratuitement 24 h sur 24, et le 15 en cas d’urgence immédiate. Par ailleurs, plusieurs de ces signes peuvent avoir une cause médicale : un avis de votre médecin traitant reste utile.

Comment je travaille sur ce sujet

Le travail commence en général par des choses concrètes et modestes. Quand l’énergie manque, il ne sert à rien de viser large : nous repérons plutôt ce qui reste possible, et nous réintroduisons progressivement des activités à la portée de l’état du moment. Ce n’est pas une consigne de bonne volonté, c’est un levier reconnu — l’action précède le retour de l’envie, et non l’inverse.

Nous travaillons en parallèle sur les pensées qui accompagnent l’état dépressif : l’idée d’être un poids, d’avoir échoué, que rien ne changera. L’objectif n’est pas de les contredire par des formules encourageantes, qui sonnent faux et le sont, mais de les examiner comme des hypothèses et de les confronter aux faits. Cette mise à l’épreuve est lente au début, puis devient plus accessible.

Selon ce qui apparaît, nous prenons aussi le temps de ce qui a mené là : une perte, une accumulation, une histoire plus ancienne, une situation de vie devenue intenable. Comprendre ne suffit pas à aller mieux, mais aller mieux sans avoir compris expose à se retrouver au même endroit.

Je suis attentive à la question du risque suicidaire, et je l’aborde directement lorsqu’elle se pose. En parler ne crée aucun danger, contrairement à une idée très répandue : c’est au contraire ce qui permet d’évaluer la situation et de mettre en place ce qu’il faut.

Enfin, je travaille volontiers en articulation avec votre médecin traitant ou un psychiatre. Lorsqu’un épisode est sévère, l’association d’un suivi psychologique et d’un avis médical est ce qui se recommande. Je ne prescris pas, mais je vous encourage à consulter et je peux vous aider à préparer ce rendez-vous.

Combien de temps

Le rythme est le plus souvent hebdomadaire au début. Une régularité rapprochée compte particulièrement dans un état dépressif, où l’espacement des séances laisse le retrait reprendre le dessus.

La durée d’un suivi ne se décide pas à l’avance : elle dépend de l’ancienneté de l’épisode, de son intensité et de ce qui l’entoure. Lorsque les épisodes se répètent, une partie du travail consiste à repérer ce qui les déclenche, ce qui demande davantage de temps. Nous faisons le point ensemble, régulièrement.

Lorsque les choses bougent, les premiers changements ne portent pas toujours sur l’humeur : le sommeil, l’énergie ou la capacité à faire peuvent évoluer avant que l’on se sente mieux. C’est un point utile à savoir pour ne pas conclure trop vite que rien ne bouge.

Honoraires et remboursement

Questions fréquentes

Comment savoir si c’est une dépression ou une période difficile ?

La différence tient à la durée, à l’intensité et surtout au retentissement sur le quotidien. Une période difficile laisse des moments de répit et n’empêche pas de fonctionner ; un état dépressif s’installe presque tous les jours et gêne le travail, les relations, le sommeil. Cela dit, cette distinction n’a pas à être tranchée avant de prendre rendez-vous : c’est justement une des questions que les premières séances permettent d’éclaircir.

Faut-il obligatoirement des antidépresseurs ?

Non, et cette question ne se décide pas chez le psychologue puisque je ne prescris pas. Pour les épisodes légers à modérés, un suivi psychologique seul est une option reconnue. Pour les épisodes plus sévères, l’association d’un traitement et d’une psychothérapie est généralement ce qui se recommande. La décision appartient à votre médecin traitant ou à un psychiatre, en fonction de votre situation.

Je n’ai l’énergie de rien, comment tenir un suivi ?

C’est une inquiétude légitime, et le manque d’énergie fait partie de ce qui est traité, pas de ce qui est exigé au préalable. Le travail s’ajuste à l’état du moment : rien ne suppose d’arriver en forme ou d’avoir préparé quoi que ce soit. Venir et parler suffit largement pour commencer.

Que faire si je vais vraiment très mal entre deux séances ?

Le cabinet n’assure pas de permanence et ne peut pas répondre à une urgence. Dans ces moments, le 3114 est joignable gratuitement 24 h sur 24 par un professionnel formé, et le 15 en cas de danger immédiat. Nous en reparlons ensuite en séance. Nous pouvons aussi préparer à l’avance ce que vous ferez si ce type de moment survient.

Autres accompagnements

Prendre rendez-vous

Un premier échange téléphonique de quinze minutes, sans engagement, permet de voir si ma pratique correspond à ce que vous cherchez. Si ce n’est pas le cas, je vous oriente vers un collègue.