Thérapie de couple

Consulter à deux n’est pas le signe qu’un couple est en train d’échouer. C’est le plus souvent le signe que quelque chose s’est enrayé et que les deux personnes voudraient que cela change.

Le travail ne consiste ni à désigner un responsable ni à décider à votre place si vous devez rester ensemble. Il consiste à rendre à nouveau possible un échange qui, depuis un moment, ne mène plus nulle part.

Ce dont il s’agit

La plupart des couples qui consultent ne viennent pas parce qu’ils ne s’aiment plus, mais parce qu’ils n’arrivent plus à se parler. Les mêmes disputes reviennent, sur les mêmes sujets, avec les mêmes phrases et la même issue. Chacun sait à l’avance ce que l’autre va dire, et personne ne se sent entendu.

Ces séquences sont plus répétitives qu’il n’y paraît. Un reproche appelle une justification, qui appelle un retrait, qui appelle un reproche plus vif : le contenu change — l’argent, les tâches, la belle-famille, la sexualité, les enfants — mais la mécanique reste identique. C’est cette mécanique qui devient l’objet du travail, plus que le sujet apparent de la dernière dispute.

Les motifs sont variables. Une crise ouverte après une infidélité ou une révélation. Un éloignement lent, sans conflit franc, où l’on constate un jour que l’on cohabite. Une transition qui a changé l’équilibre : l’arrivée d’un enfant, un déménagement, une maladie, un départ à la retraite, le départ des enfants. Une difficulté dans la vie intime. Ou une question qui n’ose pas se poser à voix haute : est-ce que nous continuons ?

Il faut le dire sans détour : une thérapie de couple ne garantit pas de rester ensemble, et ce n’est pas son objectif affiché. Certains couples y trouvent de quoi reconstruire, d’autres y comprennent qu’ils veulent se séparer, et peuvent alors le faire avec plus de clarté — ce qui compte particulièrement lorsqu’il y a des enfants. Aucun accompagnement ne peut honnêtement promettre de sauver un couple.

Les signes qui amènent à consulter

Ce que les couples décrivent le plus souvent au premier rendez-vous.

  • Les mêmes disputes qui reviennent, avec les mêmes mots et la même issue

  • Le sentiment de ne plus être entendu, ou de devoir hausser le ton pour exister

  • Un éloignement progressif : on se parle de logistique et plus de soi

  • Le mépris, l’ironie ou les critiques qui se sont installés dans les échanges ordinaires

  • Une crise de confiance après une infidélité ou un mensonge

  • Un désaccord durable sur la vie intime, ou son extinction sans que l’on en parle

  • Un déséquilibre dans la charge quotidienne qui produit de la rancune

  • La question, présente mais jamais posée à voix haute, de savoir si l’on continue

En présence de violences physiques, sexuelles ou d’emprise, la thérapie de couple n’est pas la réponse adaptée. Le 3919 est joignable gratuitement et anonymement, et le 17 en cas de danger immédiat.

Comment je travaille sur ce sujet

Les séances se tiennent à deux. Je peux proposer, à un moment du travail, un entretien individuel avec chacun, mais dans un cadre annoncé à l’avance : je ne deviens ni la dépositaire des secrets de l’un contre l’autre, ni l’alliée de personne. Ma neutralité n’est pas une posture, c’est ce qui rend le travail possible.

Le premier temps sert à entendre les deux versions. Elles diffèrent presque toujours, et il ne s’agit pas de déterminer laquelle est exacte : deux personnes peuvent décrire honnêtement la même scène de deux façons opposées, et c’est précisément ce qui rend le dialogue difficile. Reconnaître la cohérence de chacun sans donner tort à l’autre est déjà un déplacement.

Nous repérons ensuite les séquences qui se répètent. Nous ralentissons une dispute récente, image par image : ce qui a été dit, ce qui a été entendu, ce que chacun a ressenti et ce qu’il a fait ensuite. Vu de l’extérieur, le mécanisme devient lisible, et il cesse d’apparaître comme la faute de l’un ou de l’autre.

Une part du travail est concrète et porte sur la manière de se parler : exprimer une demande plutôt qu’un reproche, distinguer un fait d’une interprétation, savoir interrompre une escalade avant qu’elle ne parte. Ce sont des compétences qui s’apprennent, et qui ne relèvent pas d’un talent naturel pour la communication.

Nous abordons aussi ce que chacun apporte de son histoire — ce qui a été appris du conflit, de la dépendance, de la place que l’on prend — parce que les impasses conjugales ont souvent une profondeur qui dépasse le couple lui-même.

Une réserve importante : lorsqu’il existe des violences au sein du couple, une thérapie de couple n’est pas indiquée et peut aggraver la situation. Ce qui s’impose alors est une prise en charge séparée et une mise en sécurité. Le 3919 est joignable gratuitement et anonymement pour en parler.

Combien de temps

Les séances de couple sont plus longues qu’une consultation individuelle, deux personnes ayant besoin de temps pour s’exprimer. Le rythme est généralement d’une séance tous les quinze jours : l’intervalle laisse à ce qui a été travaillé le temps de se mettre à l’épreuve du quotidien.

La durée d’une thérapie de couple ne se décide pas à l’avance : elle dépend de ce qui vous amène et de ce que vous souhaitez en faire.

Nous faisons régulièrement le point ensemble sur ce qui a bougé et sur l’utilité de poursuivre. Il arrive qu’un travail de couple débouche sur un suivi individuel pour l’un des deux, ou l’inverse ; dans ce cas, je vous oriente vers un collègue plutôt que de cumuler les places, ce qui ne serait tenable pour personne.

Honoraires et remboursement

Questions fréquentes

Mon conjoint ne veut pas venir. Est-ce que cela vaut la peine ?

Venir seul reste utile. Un couple fonctionne comme un système : lorsqu’une personne modifie sa manière de réagir, la séquence habituelle ne peut plus se dérouler à l’identique. Le travail portera alors sur votre position dans la relation et sur ce que vous souhaitez pour vous. Il arrive que le conjoint rejoigne le suivi plus tard, mais ce ne peut pas être l’objectif affiché du travail.

Allez-vous nous dire qui a tort ?

Non, et ce serait le plus sûr moyen de rendre le travail impossible. Mon rôle n’est pas d’arbitrer mais de rendre lisible ce qui se joue entre vous. Dans la plupart des impasses conjugales, chacun agit d’une manière qui a sa logique et qui, mise bout à bout avec celle de l’autre, produit un cercle dont personne ne sort. C’est ce cercle que nous regardons.

Et si le travail nous mène à la séparation ?

C’est une issue possible, et je le dis dès le départ plutôt que de le laisser entendre. Une thérapie de couple ne promet pas de maintenir la relation : elle permet de comprendre ce qui se passe et de décider en connaissance de cause. Lorsque la séparation s’impose, l’avoir préparée ensemble peut la rendre moins destructrice, en particulier pour les enfants.

Peut-on venir après une infidélité ?

Oui, et c’est un motif fréquent. Le travail porte alors sur ce qui a été rompu, sur ce que chacun a besoin de comprendre, et sur la possibilité ou non de reconstruire une confiance. Il ne s’agit pas d’obtenir des aveux ni de solder les comptes en séance, mais de déterminer ce qui peut être repris et à quelles conditions.

Les séances de couple sont-elles prises en charge ?

Les consultations de psychologue ne sont pas remboursées par l’Assurance Maladie hors dispositif Mon soutien psy, qui ne couvre pas les séances de couple. Certaines mutuelles proposent un forfait annuel de séances de psychologue : une note d’honoraires vous est remise à chaque séance pour la leur transmettre.

Autres accompagnements

Prendre rendez-vous

Un premier échange téléphonique de quinze minutes, sans engagement, permet de voir si ma pratique correspond à ce que vous cherchez. Si ce n’est pas le cas, je vous oriente vers un collègue.