Accompagnement de l’adolescent
L’adolescence remue beaucoup de choses, et une bonne part de ce qu’elle produit est normale même si elle inquiète. La difficulté, pour un parent, est de distinguer ce qui fait partie du mouvement de ce qui appelle un accompagnement.
Quand un adolescent se retire durablement, que son sommeil et ses résultats se dégradent, ou que le climat familial ne se détend plus, un tiers extérieur peut ouvrir un espace que la famille ne peut pas offrir elle-même.
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Ce dont il s’agit
L’adolescence est une période de transformation rapide, où le corps change, où le regard des pairs prend une importance considérable et où se joue une prise de distance nécessaire vis-à-vis des parents. Cette prise de distance passe souvent par le conflit, le silence ou la porte fermée : ce sont des mouvements attendus, même lorsqu’ils sont pénibles à vivre à la maison.
Ce qui mérite attention n’est donc pas l’opposition en elle-même, mais la durée, l’intensité et le retentissement. Un adolescent qui discute, teste et conteste fait son travail. Un adolescent qui ne sort plus depuis des mois, qui s’est coupé de ses amis, qui ne dort plus, dont les résultats s’effondrent ou qui exprime un mal-être marqué se trouve dans une autre situation.
Les motifs les plus fréquents sont l’anxiété — souvent scolaire ou sociale —, un état dépressif, un rapport au corps et à l’alimentation devenu douloureux, des difficultés relationnelles ou du harcèlement, le retentissement d’une séparation parentale ou d’un deuil, et des conduites qui inquiètent. Les questions d’identité et d’orientation en font aussi partie, et elles sont accueillies sans jugement.
Une précision qui compte : un adolescent qui va mal ne signifie pas des parents défaillants. Cette idée circule beaucoup et empêche des familles de demander de l’aide plus tôt. La démarche d’un parent qui cherche un accompagnement est un geste de soin, pas l’aveu d’un échec.
Les signes qui amènent à consulter
Ce qui distingue un mouvement adolescent ordinaire d’une difficulté qui appelle un accompagnement tient surtout à la durée et au retentissement.
Un retrait qui dure : ne plus voir personne, ne plus sortir de la chambre pendant des semaines
Une chute nette et durable des résultats scolaires, ou un refus d’aller au collège ou au lycée
Un sommeil profondément désorganisé, ou une inversion complète du rythme
Une tristesse marquée, une irritabilité permanente, des pleurs fréquents
Un rapport au corps ou à l’alimentation devenu envahissant
Des blessures inexpliquées, ou des propos sur le fait de disparaître
Une rupture brutale avec le groupe d’amis, ou des indices de harcèlement
Des consommations qui s’installent, ou une exposition aux écrans qui a pris toute la place
Aucun de ces signes ne suffit à lui seul, et beaucoup peuvent être passagers. En cas de propos suicidaires ou de blessures volontaires, il ne faut pas attendre : le 3114 est joignable 24 h sur 24, et le 15 en cas d’urgence.
Comment je travaille sur ce sujet
Le premier rendez-vous se tient généralement avec l’adolescent et le ou les parents, pour poser ensemble ce qui amène et expliquer comment les choses vont se dérouler. Les séances suivantes se tiennent avec l’adolescent seul, ce qui est la condition pour qu’un espace lui appartienne réellement.
Le cadre est explicite dès le départ, devant tout le monde. Ce que l’adolescent me dit reste entre nous. Je ne rapporte pas le contenu des séances aux parents, et je le dis devant eux pour que ce ne soit pas un arrangement tacite. Une seule exception, annoncée d’emblée : une situation de danger pour lui ou pour un tiers, que je ne garderais pas pour moi. Cette clarté est ce qui permet à un adolescent de parler, et sa loyauté envers ses parents rend cette garantie indispensable.
Les parents ne sont pas mis à l’écart pour autant. Des points réguliers peuvent être prévus, dont le principe est annoncé à l’adolescent, et qui portent sur les orientations du travail et sur ce qui peut aider à la maison, jamais sur ce qui s’est dit en séance. Pour les mineurs, l’accord des titulaires de l’autorité parentale est nécessaire pour engager un suivi.
Le travail lui-même prend des formes variables selon l’âge et la personne. Certains parlent facilement, d’autres beaucoup moins, et un adolescent qui vient en traînant les pieds n’est pas un obstacle : c’est une donnée de départ avec laquelle on travaille. Nous prenons le temps qu’il faut pour que quelque chose de son point de vue puisse se dire, sans le forcer.
Lorsque la situation le justifie, je peux orienter vers un médecin, un psychiatre, ou vers le service de santé scolaire, et travailler en articulation avec eux.
Combien de temps
Les séances durent 45 minutes, un format plus adapté à l’attention d’un adolescent que les 50 minutes de la consultation adulte. Le rythme est le plus souvent hebdomadaire au début, puis s’espace.
La durée d’un suivi varie fortement d’une situation à l’autre et ne se décide pas à l’avance. Les points avec les parents permettent d’y revenir régulièrement, sans que le suivi se prolonge par habitude.
Il arrive qu’un adolescent interrompe, puis revienne un an plus tard. Ce n’est pas un échec : avoir fait l’expérience qu’un lieu existe change déjà quelque chose, et la porte reste ouverte.
Honoraires et remboursementQuestions fréquentes
Mon adolescent refuse de venir. Que faire ?
C’est fréquent, et cela ne condamne pas la démarche. Il est préférable de lui présenter les choses honnêtement plutôt que de l’y amener sans le prévenir : un rendez-vous, une fois, pour voir, sans engagement de continuer. Beaucoup d’adolescents acceptent à cette condition. Si le refus reste fermé, un ou deux rendez-vous avec les parents seuls sont possibles : réfléchir à ce qui se joue et à la manière de réagir à la maison peut déjà aider, même sans lui.
Est-ce que vous nous direz ce qu’il vous a dit ?
Non. Ce que votre adolescent me confie reste confidentiel, et je l’annonce devant vous dès le premier rendez-vous, parce que c’est la condition pour qu’il puisse parler librement. La seule exception concerne une situation de danger pour lui ou pour quelqu’un d’autre, que je ne garderais pas pour moi. Des points réguliers peuvent être prévus avec vous, portant sur les orientations du travail et sur ce qui peut aider à la maison.
Faut-il l’accord des deux parents ?
Pour un mineur, l’accord des titulaires de l’autorité parentale est requis. En cas d’autorité parentale conjointe, l’information et l’accord des deux parents sont la règle, y compris après une séparation. Si la situation est complexe, nous en parlons lors du premier contact pour trouver la manière de faire la plus juste.
À partir de quel âge recevez-vous ?
Je reçois les adolescents à partir de 12 ans environ. En dessous, l’accompagnement d’un enfant relève d’une pratique et d’outils différents ; je vous orienterai alors vers un collègue dont c’est le champ, ou vers un centre médico-psychologique.
Les séances peuvent-elles se faire en visioconférence ?
C’est possible, notamment pour la continuité d’un suivi déjà engagé ou lorsque le déplacement est difficile. Pour un premier accompagnement, je privilégie le cabinet : la présence physique compte, et le domicile n’offre pas toujours à un adolescent l’intimité nécessaire pour parler librement.
Autres accompagnements
Prendre rendez-vous
Un premier échange téléphonique de quinze minutes, sans engagement, permet de voir si ma pratique correspond à ce que vous cherchez. Si ce n’est pas le cas, je vous oriente vers un collègue.
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